Le cercle vicieux «matières premières-produits-déchets» ne peut se perpétuer éternellement. Des signaux de plus en plus nombreux en attestent: une transition s’opère vers l’économie circulaire

Économie circulaire: six initiatives inspirantes

Notre économie emprunte peu à peu une nouvelle voie, car le cercle vicieux «matières premières-produits-déchets» ne peut se perpétuer éternellement. Des signaux de plus en plus nombreux l’attestent: une transition s’opère vers l’économie circulaire. Celle-ci se concentre sur la prévention des déchets, la réparation et le recyclage, mais aussi sur des services comme la location et le partage de produits. Nous vous présentons six exemples inspirants en Belgique et à l’étranger.
1. Transformer les épaves de voiture en énergie

Comet Traitements, spécialiste belge du recyclage, investit 1,1 million d’euros dans une installation-pilote sur son site de Mons, où il distillera du diesel et de l’essence à partir de déchets ultimes. Dès le mois de juin, le système Phoebus, soutenu par le plan Marshall, produira 50 litres de carburant synthétique par heure à partir du traitement de résidus de déchiquetage d’épaves automobiles, d’appareils électriques et électroniques hors d’usage et d’autre ferraille. Ce carburant servira à actionner des moteurs à cogénération, qui produisent à la fois de l’électricité et de la chaleur. Objectif: développer une installation dont la capacité de production couvrirait la consommation électrique de 10.000 ménages wallons.

Le système Phoebus produira 50 litres de carburant synthétique par heure à partir du traitement de résidus de déchiquetage d’épaves automobiles, d’appareils électriques et électroniques hors d’usage et d’autre ferraille
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2. Un dépôt de vélos pour enfant

Un vélo ne suit pas la croissance de votre enfant. La solution? «Op Wielekes», un projet gantois du Netwerk Bewust Verbruiken, le Réseau flamand pour une consommation réfléchie, permet à chaque enfant de disposer d’un vélo de qualité à sa taille via une plateforme de partage unique. Quand le vélo devient trop petit, les ménages affiliés l’échangent contre un modèle plus grand. À chaque changement de propriétaire, Op Wielekes remet l’ancien vélo en état et le prête à nouveau. Ce projet cultive une approche nouvelle de l’économie, où l’accès au produit prime sur la propriété.

«Op Wielekes» permet à chaque enfant de disposer d’un vélo de qualité à sa taille via une plateforme de partage unique
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3. Une route en plastique

La construction d’un revêtement routier classique prend généralement plusieurs mois. En outre, ce revêtement s’use; fissures et nids de poule sont inévitables à terme, ce qui entraîne à nouveau de longs travaux de voirie et des embouteillages. Faire mieux est possible, a jugé le constructeur de revêtement routier KWS. Cette filiale de VolkerWessels a développé PlasticRoad, un élément routier léger, fabriqué à partir de plastique recyclé sous forme de modules préfabriqués. Tous les éléments de PlasticRoad sont intégralement réutilisables. Ce projet est toujours en phase de conception, mais KWS planche sur un business case et espère présenter un prototype d’ici la fin de l’année.

PlasticRoad est un élément routier léger fabriqué à partir de plastique recyclé
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4. Épuration des eaux sur un camion

Spin-off de la KU Leuven, InOpSys commercialise un nouveau concept de traitement des produits chimiques dangereux et nocifs, et des eaux usées de l’industrie pharmaceutique. En effet, ces eaux usées ne peuvent être rejetées dans nos rivières et nos égouts, et ne sont pas appropriées pour les installations biologiques d’épuration des eaux. Plant-on-a-Truck est une installation d’épuration disposée localement pour rentabiliser les flux connexes de déchets. En outre, les déchets ne sont plus traités de la manière classique – lisez: incinérés – puisqu’on en extrait de nouvelles matières premières réutilisables. Ce qui reste est filtré dans une installation biologique d’épuration des eaux.

Plant-on-a-truck introduit un nouveau concept de traitement des produits chimiques dangereux et nocifs et des eaux usées de l’industrie pharmaceutique
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5. Des larves de mouches valorisent les déchets et font office de matières premières

Avec l’aide des larves de la mouche soldat noire, l’entreprise belge Millibeter transforme les flux de déchets en matières premières. La bioconversion est simple: les larves mangent les déchets organiques, en digèrent une partie et transforment le solde en déjections. Par la suite, les larves elles-mêmes donnent naissance à trois produits. La chitine est utilisée dans de nombreux processus et produits industriels; les graisses sont entre autres employées dans la fabrication de détergents, de savons et de biodiesel; les protéines, enfin, sont transformées notamment en alimentation pour animaux. L’entreprise étudie actuellement si les larves peuvent également traiter d’autres déchets, comme le lisier de porc et les restes de poisson.

Les larves mangent les déchets organiques, en digèrent une partie et transforment le solde en déjections
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6. Des plantations intelligentes pour les terrains à bâtir inutilisés

Aux Pays-Bas, NNRGY recherche des terrains inutilisés et y plante de l’herbe à éléphant. Ce «bambou des plats pays» est une plante à croissance rapide qui absorbe quelque 30.000 kg de CO₂ par hectare. Sous la marque Vibers, l’entreprise transforme l’herbe à éléphant en divers produits notamment destinés au secteur de l’emballage pour fruits et légumes, où l’herbe remplace le plastique. NNRGY change également l’herbe à éléphant en plats, gobelets, sets de table, cartes de vœux compostables, en papier et même en mortier avec lesquels on imprime des blocs de ciment via une imprimante 3D.

Ce «bambou des plats pays» est une plante à croissance rapide qui absorbe quelque 30.000 kg de CO₂ par hectare
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