Les applications doivent placer les patients aux commandes de leur santé

Geert Gielens
chief economist de Belfius

Belfius crée un biotope qui réunit l’offre et la demande en matière de soins

Moins d’argent pour plus de besoins: vieillissement de la population et budgets serrés placent le secteur des soins de santé dans une situation de plus en plus précaire. Des investissements intelligents sont indispensables. Belfius joue un rôle-clé.

La santé financière des hôpitaux belges n’est pas mauvaise, mais leur capacité à dégager des bénéfices est assez faible, peut-on lire dans la récente étude MAHA (Model for Automatic Hospital Analyses) de Belfius. Cette situation fragilise le secteur, car l’infrastructure est âgée et les subventions incertaines. Le vieillissement fait peser une pression supplémentaire.

Qu’est-ce que cela signifie pour le domaine de la santé? «Des soins durables se doivent d’être efficaces, tout-terrain et financièrement accessibles», répond Geert Gielens, chief economist de Belfius. «Aujourd’hui, le patient peut trouver un large assortiment de soins – d’une jambe cassée à une opération à coeur ouvert complexe – dans n’importe quel hôpital. Il est plus efficace de créer un réseau d’aide de première ligne très accessible et de centres spécialisés. Outre l’aide d’urgence, il faut également des centres de jour où des patients (plus âgés) peuvent se rendre afin de recevoir les soins adaptés.»

Des soins financièrement abordables sont inenvisageables sans prévention, service à domicile ou médecine à distance. Mais les patients doivent alors être suivis de près, par exemple grâce à des brassards intelligents et à des compteurs de pas numériques. Les soins à distance impliquent également un échange de données efficace et sécurisé entre les institutions, les prestataires et les patients. Les applications et appareils mobiles y joueront un grand rôle. Les pouvoirs publics ont en tout cas libéré un budget de 3,2 millions d’euros pour des projets pilotes. «C’est prometteur», estime Geert Gielens, «car ces applications placent le patient aux commandes de sa santé.»

Une facture unique pour tout

Karmen Wijnant, directrice Expertise clients Public & Corporate Banking chez Belfius, souligne le rôle-clé que joue Belfius dans ce processus: «La banque surfe sur les évolutions qui déferlent dans le secteur des soins et cherche à les faciliter en créant un biotope qui réunit l’offre et la demande. Et bien entendu, elle apporte le financement via des prêts classiques, mais aussi via des formules alternatives comme des émissions d’obligations et des formules de leasing spécifiques.»

Il n’y a d’ailleurs pas que les soins de santé qui se trouvent face à un défi en raison du vieillissement. La demande de soins croissante pèse également très lourd sur les finances publiques locales. Outre les charges de pension, les investissements dans les services à domicile et les formules de logement pour les seniors accaparent une part croissante des budgets. Simultanément, les recettes fiscales locales se contractent en raison de l’augmentation du nombre de retraités.

«Bundled payment»

Les pouvoirs publics étudient actuellement la piste d’un «bundled payment». L’idée? Que le patient ne paie plus l’hôpital, la maison de retraite ou les soins à domicile séparément. Il paierait ces services directement au réseau qui chapeauterait toutes ces institutions. Lequel répartirait ensuite ces fonds entre les institutions qui ont aidé le patient.

«Belfius est également en première ligne pour assister et conseiller les pouvoirs publics à tous les niveaux ainsi que les particuliers», assure Karmen Wijnant. «C’est pourquoi nous multiplions les innovations dans notre offre de planification des retraites et des successions. Mais la prévention en matière de santé et l’aide familiale sont également sur notre liste de tâches. Nous obtenons ainsi une approche unique à 360° avec laquelle Belfius entend protéger l’avenir de chacun.»