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Ce biostimulant belge qui protège les récoltes de la sécheresse

Grâce au premier biostimulant de la start-up Fyteko, les plantes supporteront naturellement mieux le manque d'eau. Réalisé à partir de molécules naturelles et via un procédé de chimie verte, ce produit révolutionnaire est actuellement en phase de test.

Quelque 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, et particulièrement en Afrique. Dans les pays développés, comme la Californie aux états-Unis, des «stress environnementaux» tels que les températures élevées et la sécheresse, sont responsables de pertes agricoles importantes et d’une montée des prix des récoltes. Le défi est donc de trouver une solution qui soit à la fois environnementale et abordable pour protéger les récoltes des aléas climatiques.

«Nous avons découvert la possibilité de créer un biostimulant des plantes sans OGM ni pesticides ni fertilisants», indique Guillaume Wegria, directeur général de Fyteko. «Nous sommes actuellement en train de le tester dans quatre pays africains, notamment au Maroc. Chaque test dure entre huit et neuf mois. Il faudra ensuite deux ans pour soumettre le produit à la réglementation en vigueur dans chaque pays où il sera commercialisé.»

Offrir une solution à l’agriculteur

Créé en 2014, Fyteko est un projet conçu et développé par Guillaume Wegria et le Dr Juan Carlos Cabrera. «Nous voulions dès le début offrir une solution à l’agriculteur qui désire lutter contre le changement climatique. Il y a un but sociétal derrière notre action car l’idée est de pouvoir proposer cette solution à ceux qui en ont le plus besoin.»

Notre biostimulant protégera les récoltes de la sécheresse
Guillaume Wegria, directeur général de Fyteko

Réalisé à partir de molécules naturelles et via un procédé de chimie verte, le biostimulant permettra aux plantes de supporter naturellement mieux le manque d’eau. «Lorsque la plante a soif, elle se protège en activant certaines défenses naturelles. La molécule présente dans le biostimulant préactivera ces défenses. Comme le feraient un vaccin ou une vitamine chez l’homme. En cas de sécheresse, le biostimulant permettra de sauver jusqu’à 80% de la production. Avec notre projet, nous nous engageons dans la lutte contre la faim dans le monde et en faveur de l’accroissement de la sécurité alimentaire.»

L’intérêt est grand

Petite start-up face à des géants de l’industrie phytosanitaire, Fyteko acquiert peu à peu de la notoriété via des conférences et des contacts dans les sociétés spécialisées. «L’intérêt pour notre biostimulant est grand», se réjouit son directeur général. «C’est le seul besoin de l’agriculteur pour lequel il n’y ait actuellement aucune solution « naturelle » sur le marché. Cependant, nous ne commercialisons pas directement notre biostimulant auprès de l’agriculteur: il est vendu via des distributeurs (intermédiaires) du secteur agrochimique et des semenciers.»

Fyteko se trouve dans la première phase de développement du projet. «Ce type de projet est assez coûteux. Nous avons eu la chance de gagner le prix Rise d’Innoviris pour la start-up la plus innovante. Innoviris, l’Institut bruxellois pour la recherche et l’innovation, finance notre projet pendant trois ans, jusqu’à la fin 2017. Entre-temps, nous avons fait appel à un fonds d’investissement privé pour accélérer le développement de Fyteko.»