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De l’enseignement intelligent pour mordus de technologie, artistes et designers

Dans le FabLab+ d’Anvers, des jeunes fraisent, impriment et découpent au laser tout ce qui leur tombe sous la main. Et s’il leur arrive de râler quand le résultat n’est pas à la hauteur de leurs attentes, ce n’est pas grave. Car ces expérimentations créent un lieu d’interaction entre le talent technique et les penseurs innovants.

«Nous inversons le processus d’apprentissage», fait observer Yves Molenaers, directeur du projet. «Nous tirons d’abord, nous visons après! C’est le concept de FabLab+, une initiative de l’enseignement communal d’Anvers. Nous permettons à des écoles et à des habitants du quartier d’expérimenter gratuitement des imprimantes 3D, de la robotique et des machines de découpe au laser. Ils ne doivent payer que les matières premières. Car c’est précisément en commettant des erreurs que les jeunes apprennent: que dois-je modifier quand les choses ne se passent pas comme je le souhaite? Cela stimule leur curiosité et leur capacité à trouver des solutions.»

Nous permettons à des écoles et à des habitants du quartier d’expérimenter gratuitement des imprimantes 3D, de la robotique et des machines de découpe au laser
Yves Molenaers, directeur du projet FabLab+

Voici précisément ce qui importe chez FabLab+: enseigner aux jeunes les compétences du XXIe siècle. Rendre sexy la technologie et la technique. Y compris chez les filles et les jeunes allochtones, chez qui le problème de perception est encore plus prégnant. «Nous nous adressons surtout aux jeunes de 10 à 14 ans qui sont à la veille de choisir leur orientation d’études», précise Yves Molenaers. «Toutes les écoles d’Anvers sont confrontées à un grave déficit de capacité, alors que de nombreux bancs sont vides dans les écoles techniques et que le secteur privé a cruellement besoin de profils techniques.»

Caméras et attractions foraines

Le FabLab+ est un coup dans le mille. Les écoles de tous les réseaux et de toutes les orientations font la file pour profiter de ses installations. Et le mardi, lorsqu’il est ouvert aux riverains, le laboratoire accueille une quarantaine de visiteurs. «Je ne dois pas faire appel à mon budget marketing», sourit Yves Molenaers, satisfait. «Nous sommes déjà pleins pour toute l’année.»

Qui fréquente le FabLab+? Des petits génies et des professeurs en herbe? «Notamment, mais notre public est étonnamment hétérogène», répond le directeur du projet. «Nous rencontrons ici des geeks et des mordus de technologie, des artistes, des designers et des bricoleurs. Vous n’avez pas idée de tout ce qui est fabriqué dans notre labo. Des sacs à main, des lunettes et des meubles. Des boîtes inutiles, une camera obscura et un mouvement perpétuel. Dernièrement, une personne est même rentrée chez elle avec un sommier à lattes.»

 

Les écoles voient souvent plus grand. «L’an dernier, des classes ont réalisé de véritables attractions foraines. Cette année, je vois passer des métiers à tisser et des jeux de société. Les élèves apprécient de voir leur création survivre au projet. Le jeu d’échecs qu’ils ont fabriqué trône à présent dans le local d’étude.»

Un bel avenir pour l’enseignement intelligent

Cet enseignement intelligent, axé sur l’apprentissage autonome et les compétences, est promis à un bel avenir, selon Yves Molenaers. D’autant que le coût d’un tel projet – robots et machines de pointe ne sont pas bon marché – renforce la dimension de partage. «Notre champ d’action s’étend rapidement. Nous avons lancé le projet Incubator qui réunit des profils divers. Le designer contemporain peut s’y rendre pour un business plan, tandis que le petit génie de la technique y trouvera un design approprié pour sa solution ingénieuse. Ces interactions augurent une véritable réussite.»