Le «concierge du XXIe siècle» au service des seniors

ApiQuiet

Le «concierge du XXIe siècle» au service des seniors

Grégory Lenoir a développé un système de capteurs et de boutons d’alerte afin que les seniors puissent continuer de vivre dans leur domicile en toute sécurité. Et pour que la technologie ne se substitue pas à l’humain, il a imaginé le métier de «bienveilleur».

Le projet Octapi de Grégory Lenoir s’enracine dans son histoire familiale: «Ma famille possède une maison de repos depuis de nombreuses années, j’ai toujours baigné dans la problématique des seniors. J’ai eu envie de combiner cette connaissance avec ma formation et mon expérience en électronique et télécoms afin d’aider les personnes âgées à rester chez elles le plus longtemps possible.»

Il fonde sa propre société, ApiQuiet, et commercialise début 2017 Octapi, un dispositif très complet pour sécuriser une maison, «afin que ce soit celle-ci qui veille sur le senior». L’idée est d’éviter les systèmes de type «collier d’alerte», trop stigmatisants pour la personne âgée, et trop faciles à oublier dans une salle de bain ou sur une table de chevet. «Nous équipons les endroits dangereux de petits boîtiers sans fil, munis d’un bouton d’alerte, que nous collons sur le mur en bas d’un escalier, par exemple. Nous installons également des capteurs d’activité dans les lieux-clés de la maison. Ils enregistrent l’ouverture d’une porte ou un mouvement dans la pièce.»

J’ai voulu combiner ma connaissance des maisons de repos avec mon expérience en électronique afin d’aider les personnes âgées à rester chez elles
Grégory Lenoir, administrateur délégué d’ApiQuiet

Ces capteurs permettent de déterminer les comportements habituels de la personne, de rassurer les familles, de détecter des anomalies et de générer des alertes. «Si les capteurs n’enregistrent pas d’activité à l’heure où le senior fait généralement la cuisine, l’alerte est lancée», illustre Grégory Lenoir. «Nous n’installons pas de caméra, afin de respecter la vie privée de la personne. C’est très important pour qu’elle accepte la mise en place de notre système.»

L’aspect technologique est certes important, mais il n’est pas le seul: la dimension humaine est au cœur du dispositif, indique Grégory Lenoir. «Autrefois, le concierge rendait de nombreux services dans un immeuble d’appartements, il vérifiait que tout allait bien… Nous avons souhaité retrouver cet esprit en lançant le concept de “bienveilleur”. Ce professionnel s’assure que le senior est en bonne santé, fait le relais avec la famille, bref, joue un rôle social crucial pour le maintien à domicile de la personne âgée.»

Autrefois, le concierge rendait de nombreux services dans un immeuble. Nous avons souhaité retrouver cet esprit en lançant le concept de « bienveilleur »
Grégory Lenoir, administrateur délégué d’ApiQuiet

Facturé 6 euros par jour (loin des quelque 50 euros quotidiens que coûte un séjour en maison de retraite), ce concept est voulu reproductible et universel par son créateur: «Il ne s’agit pas de breveter l’idée mais d’en démontrer le potentiel. Ces emplois ne sont pas délocalisables, car ils sont basés sur la proximité. Ils se destinent à des gens qui n’ont pas forcément de grande qualification mais qui manifestent de réelles qualités humaines. C’est un cercle vertueux, qui bénéficie à tous, seniors, indépendants, familles, communes…»

Une maison de repos a d’ores et déjà adopté ce principe: les membres de son personnel jouent le rôle de «bienveilleurs». Et Grégory Lenoir est en discussion avec des infirmières à domicile ainsi qu’avec plusieurs communes, qui pourraient lancer de nouveaux services via la centrale de contact installée chez les personnes âgées de leur territoire. Pour développer ce projet très ouvert, AQiquiet a levé 540.000 euros en 2016, la moitié sur fonds propres et l’autre moitié sous forme de prêts.

 

Découvrez les laureats