Rénover des logements vacants pour le parc social

Fonds du logement des familles nombreuses de Wallonie (FLW)

Rénover des logements vacants pour le parc social

Pour inciter les propriétaires de logements vacants à les remettre sur le marché, le Fonds du logement des familles nombreuses de Wallonie (FLW) accorde des prêts bonifiés et un accompagnement technique. En contrepartie, les biens sont loués selon les critères du logement social, le temps de rembourser le prêt.

«On estime entre 30.000 et 40.000 le nombre de logements vacants en Wallonie», regrette Vincent Sciarra, directeur général du FLW. «Grâce au mécanisme “À bas les taudis”, nous apportons notre pierre à l’édifice du logement social en remettant dans le circuit 50 à 70 logements par an. Les propriétaires de biens immobiliers vacants sont des gens souvent âgés, qui n’ont pas les moyens de rénover pour louer, ou qui ne disposent pas des compétences ad hoc. Nous les aidons à remettre leur bien en état grâce à des prêts bonifiés et à un accompagnement technique. En contrepartie, ils acceptent, durant le remboursement du prêt, de louer via une ASBL reconnue. La partie du loyer qui ne sert pas à rembourser le prêt va dans la poche du propriétaire.»

En moyenne, un projet de rénovation coûte 67.000 euros et les loyers rapportent 400 euros par mois. Si le FLW accorde 50.000 euros de prêt, les remboursements sont de 280 euros par mois sur 15 ans. Sachant que l’association mandatée pour la gestion du bien prend 10 à 15%, il reste environ 70 euros par mois au propriétaire. Et à l’issue de la période, il récupère un bâtiment rénové. L’initiative, baptisée «À bas les taudis», est portée par le FLW – entreprise coopérative qui dépend de la Ligue des familles – depuis 2004. La Région wallonne la soutient depuis 2010 avec une subvention complémentaire.

Nous valorisons l’existant en recourant aux réseaux déjà installés
Vincent Sciarra, directeur général du FLW

«Les ménages modestes ont le plus grand mal à se loger», déplore Vincent Sciarra. «C’est encore pire quand il s’agit de familles nombreuses. Notre action permet aussi de garder sur le marché locatif social des biens comportant au moins trois chambres, qui se font plus rares.»

Vincent Sciarra souligne que, par ce dispositif, le FLW contribue à la mixité sociale, à la préservation du bâti et au maintien du dynamisme des centres-villes. «Les familles modestes ne disposent pas toujours d’une voiture, elles ont besoin de vivre près des services, des écoles, etc. Le dispositif les aide à se maintenir dans des zones déjà urbanisées et évite de “bétonner” encore plus de terres arables. Nous valorisons l’existant en recourant aux réseaux déjà installés: voirie, adduction d’eau, gaz, etc., mais aussi les transports en commun.»

Les rénovations sont effectuées par des entrepreneurs locaux
Vincent Sciarra, directeur général du FLW

«Le prêt hypothécaire est notre cœur de métier, et nos conditions sont très intéressantes», reprend Vincent Sciarra. «Tout en soutenant l’emploi local, car nos petits chantiers, de deux à quatre logements en général, sont confiés à des entrepreneurs du coin. Les grandes sociétés, qui font venir des ouvriers de l’étranger, ne sont pas intéressées par ce type de prestations.»

Ce dispositif original, qui repose sur une logique de partenariat entre propriétaires, ASBL et FLW, a permis de trouver un logement à près de 750 ménages démunis.

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