Réutilisation du métal des pneus dans le sol industriel

Twintec Group

Réutilisation du métal des pneus dans le sol industriel

Dans la gomme des pneus se trouvent des fibres métalliques, que Twintec a réussi à réutiliser dans du sol industriel, notamment pour les centres logistiques. Bilan: 95% d'émissions de carbone en moins. Et un potentiel exponentiel.

«Huit milliards de pneus se dégradent sur notre planète», déplore Olivier Leist, le General Manager de Twintec Group. «Un chiffre, bien entendu, en constante augmentation.» Et un désastre environnemental sur lequel la Commission européenne a décidé de se pencher. À partir de 2014, elle a subsidié des projets de R&D, notamment à l’Université de Sheffield au Royaume-Uni, avec laquelle Twintec travaille. Les chercheurs sont parvenus à réutiliser les fibres métalliques présentes dans la gomme des pneus.

«Ces fibres peuvent être intégrées dans le béton utilisé dans les sols industriels, notre spécialité», poursuit Olivier Leist. «Il faut savoir que ces sols répondent à des exigences de plus en plus strictes, car les entrepôts sont désormais construits, autant que possible, en hauteur, pour économiser du terrain. Ils accueillent donc des étagères de plus en plus hautes et lourdes. Dans les centres logistiques des géants du commerce en ligne – des entrepôts d’au moins 10.000 m² – ce sont des robots qui préparent les commandes. Ils sillonnent à un minimum de 20 km/h des rayonnages qui montent parfois à 30 ou 40 mètres. Or, ce n’est possible que sur un sol hyper-plat. La moindre fissure, le moindre joint peuvent les faire tomber! Un sol industriel ne doit, de surcroît, pas générer de poussière, pour ne pas nuire aux engins opérant sur le site.»

Nous réutilisons 100% des fibres du pneu dans nos sols industriels
Olivier Leist, General Manager de Twintec Group

Le béton industriel intègre 30 kg de fibres métalliques par mètre cube. Twintec, via sa filiale Twincon (tyre wire in concrete, c’est-à-dire «fibre de pneu dans du béton»), emploie cette technologie. Et peut produire jusqu’à 60 tonnes de fibres métalliques chaque mois.

«Nous avons signé des contrats avec des sociétés qui nous livrent les pneus», expose le dirigeant. «Nous exploitons la totalité de leurs fibres métalliques et diminuons ainsi de 95% l’empreinte CO2 de nos sols. Une bonne motivation, pour nos clients, à payer le léger surcoût que cela entraîne. Sans compter un bénéfice inattendu: les chercheurs ont démontré que le béton renforcé par ce genre de fibres s’avérait plus résistant que sa version “classique”. Ils présument que c’est grâce à son homogénéité moindre: il comporte des fibres courtes et des longues, des fines et des larges. Étonnamment, cela le rend plus performant.»

Le marché mondial des fibres métalliques représente 700.000 tonnes par an. «Ces fibres métalliques intégrées au béton pourraient être utilisables aussi dans la construction: ponts, routes, murs… Nous disposons de l’exclusivité de cette technologie, grâce à un brevet. Autant dire que notre potentiel de croissance est exponentiel.»

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