Un vaste réseau de chauffage urbain, modèle d’économie circulaire

Herstal & Régie Communale Autonome Immobilière Urbeo

Un vaste réseau de chauffage urbain, modèle d’économie circulaire

L’incinérateur de déchets de Herstal produisait déjà de l’électricité mais le potentiel de développement restait immense. Un réseau de chauffage urbain devrait permettre de réduire la facture d’énergie de nombreux foyers… et les émissions de CO2.

Si l’incinérateur de déchets de Herstal produisait déjà de l’électricité, une grande part de son potentiel n’était pas exploité. C’est pourquoi la commune a développé un projet de réseau de chauffage urbain d’une ampleur exceptionnelle. «Nous voulons ainsi alimenter des habitations, des bâtiments publics, des espaces d’activité économique, au moyen d’une chaleur moins chère que le gaz ou le mazout», souligne Frédéric Daerden, député-bourgmestre de Herstal.

La portée est également environnementale: «Lorsque le réseau sera pleinement opérationnel, il permettra d’économiser quelque 38.000 tonnes de CO2 chaque année. Mais ce projet est aussi social, dans la mesure où il assurera des économies importantes pour les foyers desservis. En outre, il devrait attirer des entreprises sur un site proche de l’incinérateur, une ancienne friche industrielle de 30 hectares que nous comptons réhabiliter sous forme de quartier vert et smart.»

Le potentiel de développement est à l’échelle de l’agglomération: ce projet pourra s’étendre tant vers la ville de Liège que vers la basse Meuse
Frédéric Daerden, député-bourgmestre de Herstal

Sans oublier le projet d’agriculture urbaine VERDIR de l’ULiège, dont une serre, chauffée par le réseau de Herstal, servirait à faire pousser des plantes tropicales afin d’en extraire des enzymes destinées à l’industrie pharmaceutique.

Ce réseau de chauffage urbain s’inscrit résolument dans le modèle de l’économie circulaire. Les déchets de l’agglomération liégeoise, incinérés à Herstal, concourront ainsi à chauffer des bâtiments localement. «Après la réalisation d’une première boucle dans notre commune d’ici à 2 ans, nous visons à étendre cette capacité à Liège, où un vaste projet immobilier, qui devrait se concrétiser dans les mois ou années à venir, serait d’emblée desservi.»

Le potentiel de développement est à l’échelle de l’agglomération: ce projet pourra s’étendre tant vers la ville de Liège que vers la basse Meuse
Frédéric Daerden, député-bourgmestre de Herstal

Le Fonds européen de développement régional (Feder) a subventionné à 90% le projet herstalien, le solde étant apporté par Urbeo Invest, filiale de la Ville de Herstal. Coût global de la première phase: 12,7 millions d’euros. L’extension de cette première boucle, appelée à produire annuellement 203 GWh d’énergie, sera en revanche financée via un partenariat public-privé, réunissant la Ville, Intradel (intercommunale de traitement des déchets de la province de Liège) et Coriance-Sepoc, l’opérateur privé chargé du déploiement de ce réseau, qui gère déjà de nombreux systèmes de ce type en France. Le budget prévu pour cette seconde phase atteint 30 millions d’euros.

Les réseaux de chauffage urbain ne sont pas une idée neuve. En quoi le projet de Herstal sort-il du lot? «Par son ampleur», répond Frédéric Daerden. «Le potentiel de développement est à l’échelle de l’agglomération; il peut s’étendre tant vers la ville de Liège que vers la basse Meuse. Il bénéficiera par ailleurs des technologies les plus en pointe pour analyser les consommations en temps réel et anticiper les besoins, contrôler l’état du réseau, etc. À ce titre, il sera pleinement reproductible dans d’autres régions.»

 

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