Une chaufferie durable et performante dans une école jamboise

Coretec Energy

Une chaufferie durable et performante dans une école jamboise

Alors que la cogénération (production simultanée de chaleur et d’électricité) au gaz est très répandue, celle au bois était jusque-là réservée aux grandes installations industrielles. Coretec Energy a développé pour le tertiaire une centrale de production de chaleur et d’électricité formée de modules préfabriqués.

«Il s’agit de la première cogénération à pellets de petite puissance (moins de 50 kWe) de Belgique», décrit Grégory Tack. «Livrée à l’Institut Sainte-Marie de Jambes un mercredi en milieu de journée, la chaufferie était fonctionnelle le vendredi. La partie chaudière est opérationnelle depuis un an, les travaux pour lancer la cogénération sont en cours. Ils ont malheureusement été fort retardés par les démarches administratives de permis et de subsides.»

Le chargé de projet reprend: «En Belgique, il existe de nombreuses cogénérations au bois mais elles sont destinées aux gros consommateurs de type industriel. Elles présentent un caractère technique prononcé, avec de la vapeur ou de l’huile thermique circulant à haute température et à haute pression. Nous avons réussi à intégrer une centrale énergétique adaptée à des entités plus petites, où les risques opérationnels sont drastiquement réduits et l’exploitation simplifiée par des automates. Le principe? Le bois est transformé en gaz, que l’on brûle ensuite comme dans un moteur. On peut ainsi se libérer du mazout. Le bilan carbone d’une telle installation est quasiment neutre, voire nul.»

Le projet comporte un volet pédagogique fort, déployé sur 12 ans
Grégory Tack, chef de projet biomasse de Coretec Energy

L’avantage de ces modules préfabriqués et testés en usine sont une durée de chantier très réduite (moins d’un mois) et une augmentation importante de la qualité du produit délivré. Financièrement, cela ne coûte pas plus cher qu’un bâtiment en dur. Et lorsqu’on intègre au prix global la réduction drastique des problèmes de chantier, le gain financier est significatif.

Contrairement à ce que l’on peut croire, si l’on excepte le transport et le traitement, la combustion du bois n’émet pas plus de carbone que si on le laisse pourrir sur place. «Or, nos pellets sont belges et proviennent de sciures qui ne pourraient être valorisées autrement – des « sous-produits finaux », comme on dit. Le combustible bois n’entre pas en concurrence avec d’autres usages (construction, etc.). L’énergie pour fabriquer les pellets est elle aussi cogénérée avec du bois en fin de vie issu notamment des parcs à conteneurs, donc sans émission de carbone supplémentaire.» Le pellet utilisé dans ce projet est commercialisé par Total et fabriqué par le groupe Industrie du Bois Vielsalm, qui emploie directement le sous-produit de sa scierie.

Ensuite, le combustible est renouvelable – les forêts belges sont dynamiques, avec un bon taux d’accroissement. Et ce, alors que l’électricité que l’on achète sur le réseau présente un bilan environnemental défavorable car produite majoritairement à partir du nucléaire ou de combustible fossile.

Nos pellets sont belges et proviennent de « sous-produits finaux » de bois
Grégory Tack, chef de projet biomasse de Coretec Energy

Ce qui est amusant, c’est que la technique existait depuis la Seconde Guerre mondiale: le gazogène! «La Belgique a pris du retard en la matière pour des raisons de réglementations, de permis, de mécanismes de soutien, etc. C’est dommage, car c’est efficace et durable.» Plus de 700 installations de ce type sont en fonctionnement chez nos voisins, en Allemagne, Autriche, Angleterre, et même au Canada et au Japon.

Un dernier volet donne tout son sens à cette démarche: «Pendant 12 ans, le projet technique sert de support à un projet pédagogique. Coretec Energy, assistée de l’ASBL EFDD et du bureau d’études 3j-Consult, assurera aussi la sensibilisation des enfants à l’économie circulaire et à l’écologie. L’Institut a vraiment mené une réflexion autour du remplacement de sa chaudière, et intégré un volet pédagogique fort.»

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