Une ferme aquaponique à Anderlecht

BIGH

Une ferme aquaponique à Anderlecht

Des fruits et légumes cultivés à Bruxelles, sur le toit du Foodmet, site des abattoirs d'Anderlecht. Une ferme urbaine qui produit aussi du poisson, grâce à l'aquaponie. Et un modèle qui pourrait, un jour, contribuer à relever les défis de l'approvisionnement des villes.

«Notre idée principale était de produire localement des aliments – fruits, légumes, herbes, poissons – sans intrants chimiques et de créer une économie circulaire autour de cette production», résume Steven Beckers. «Et, bien sûr, de prouver qu’avec plusieurs fermes sur ce modèle, mais plus grandes, on pourrait contribuer activement à nourrir une ville sainement. Le besoin en produits sains et locaux ne cesse de croître; or, le nombre d’acteurs capables d’en fournir régulièrement est réduit. Il faut désormais un changement d’échelle pour rendre le modèle plus accessible. Là, nous vendons aux prix du bio: il faut démocratiser en rendant notre production accessible à plus de gens.»

L’aquaponie combine les technologies de production dites «hydroponiques» (hors-sol) et l’aquaculture. Poissons et plantes composent un écosystème équilibré construit en circuit fermé. La culture est irriguée par de l’eau provenant des bassins. Les déjections des poissons, traitées par biofiltration, forment l’engrais naturel pour les plantes.

Avec plusieurs fermes, on pourrait activement contribuer à nourrir Bruxelles sainement
Steven Beckers, administrateur de BIGH

Le site, porté par l’entreprise Bigh (Building Integrated Greenhouses), est la plus grande ferme urbaine d’Europe. Construit entre juillet 2017 et février 2018, il comporte 2.000 m² de serres horticoles et de pisciculture et 2.000 m² de potagers suspendus. «Nous intégrons des serres aux bâtiments, profitons des énergies fatales, capturons le CO2 et récupérons l’eau de pluie pour alimenter le site de production», reprend l’entrepreneur. «Les empreintes écologiques de la ferme et du bâtiment s’en trouvent drastiquement diminuées. Et puis, en créant de l’emploi local, nous contribuons à la qualité de vie en ville. La régularité de notre production – nous produisons des tomates 10 mois par an, des herbes aromatiques et des bars rayés toute l’année – nous fait apprécier des restaurateurs et des distributeurs.»

Lorsqu’on demande à Steven Beckers quels obstacles il a rencontrés, il évoque immédiatement les coûts liés à la distribution locale. «J’ai un peu sous-estimé la complexité de la logistique urbaine, et notamment l’impact du trafic à Bruxelles», reconnaît-il. «Nos livraisons sont volumineuses, le vélo ne convient pas. J’en ai tiré la conviction qu’une solution de mobilité urbaine durable est forcément partagée. Nous envisageons un véhicule au gaz naturel, qui ne circulerait jamais à vide. Nous allons mutualiser nos moyens avec d’autres sociétés, comme Le Champignon de Bruxelles.» Pour Steven Beckers, un cluster d’entreprises innovantes et durables se constitue à Bruxelles. On ne peut que s’en réjouir.

 

Découvrez les laureats