Une zone d’intégration environnementale pour faire le lien avec les riverains

Liège Trilogiport

Une zone d’intégration environnementale pour faire le lien avec les riverains

Faire face au départ de la sidérurgie tout en développant des modes de transport plus écologiques et contenter les riverains: le Port autonome de Liège a résolu la quadrature du cercle avec Liège Trilogiport, dont près du quart de la surface totale est consacré à une zone de vergers, de jardins communautaires et de promenade.

Forte de 120 hectares, la nouvelle zone portuaire Liège Trilogiport développée par le Port autonome de Liège (PAL) veut répondre à une double problématique: consolider le marché du travail dans une région où les premiers signes de départ de l’industrie sidérurgique sont apparus dès le début des années 2000, et satisfaire les nouveaux besoins d’un secteur, la logistique, en pleine évolution.

«Nous avions remarqué une tendance majeure: le développement extrêmement rapide du transport par conteneurs», évoque Émile-Louis Bertrand, directeur général du PAL. «La croissance de ce segment dépassait 10% par an, et les porte-conteneurs transportaient 20.000 conteneurs, voire plus. Cela posait, pour un port maritime comme celui d’Anvers notamment, d’évidentes questions en matière de gestion des déchargements et des sorties de bateaux.»

La zone d’intégration environnementale de Liège Trilogiport recèle notamment un aspect social, via des vergers et des jardins communautaires
Émile-Louis Bertrand, directeur général du Port autonome de Liège

La réponse du port liégeois? Une plateforme multimodale eau/rail/route, avec un vrai potentiel d’emplois à créer et une dimension écologique forte. Car l’idée est aussi, en promouvant les voies d’eau, de pousser les entreprises à changer leurs comportements en termes de transport de marchandises. Important pour le développement durable.

La dimension la plus remarquable de ce dossier, cependant, touche peut-être à la zone d’intégration environnementale, qui occupe pas moins de 39 hectares. «Nous avons innové en refusant de créer une simple zone-tampon entre les habitations et Liège Trilogiport», souligne Émile-Louis Bertrand. «Nous avons voulu quelque chose de très esthétique au profit des riverains. Cette zone est totalement accessible au public, qui peut s’y promener et y faire du vélo grâce au RAVeL. Elle recèle un aspect social, via des vergers et des jardins communautaires. Tout ceci est le fruit d’une concertation de longue haleine avec les riverains.»

Liège Trilogiport a exigé un budget global de plus de 162 millions d’euros, dont 47 millions d’investissements publics (plan Marshall, PAL et Feder) et 115 millions d’investissements privés. Les premières entreprises s’y sont installées en 2016. Le Port autonome de Liège prend en charge toutes les démarches complexes, afin d’accélérer l’implantation des sociétés candidates. «Il est notamment possible de décrocher un permis d’urbanisme en un mois», illustre le directeur général. «C’est l’une de nos forces.»

L’ensemble ferait du Port autonome de Liège un complexe unique en Belgique, autour du canal Albert
Émile-Louis Bertrand, directeur général du Port autonome de Liège

Le projet, qui a bénéficié d’une belle entente entre le PAL, le gouvernement wallon, le Service public de Wallonie et les autorités locales, se décline sur un mode plus pédagogique. «Nous souhaitons informer le public pour tout ce qui touche à la logistique, un secteur très méconnu», indique Émile-Louis Bertrand. «Nous organisons des conférences, des portes ouvertes… Et nous avons conçu un outil pédagogique à destination des écoles afin que les enfants prennent conscience du rôle d’un port.»

Côté projets, Émile-Louis Bertrand porte son regard vers un terrain de 180 hectares, propriété d’Arcelor et de la Région wallonne, qui pourrait servir d’extension à Liège Trilogiport. «L’ensemble ferait du Port autonome de Liège un complexe unique en Belgique, autour du canal Albert. Et un hinterland parfait pour les grands ports maritimes comme Anvers et Rotterdam, où les possibilités d’agrandissement sont peu nombreuses et très coûteuses.»

 

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