La consommation électrique du ménage pourrait bientôt passer de 3.500 à 7.000 kWh/an

Ronnie Belmans
CEO d’EnergyVille

Demain, tout le monde deviendra fournisseur d’énergie

Demain, vous achèterez votre énergie à votre voisin. Les bâtiments conserveront leurs excédents dans des batteries privées. Et la chaleur de la Terre nous tiendra au chaud l’hiver. Telle est la vision du professeur Ronnie Belmans, CEO d’EnergyVille, un centre de recherche situé dans le parc scientifique Thor à Genk.

Les ménages utilisent de plus en plus de pompes à chaleur et de sources d’éclairage, d’appareils électroménagers et de moyens de communication. Il n’est donc guère étonnant que la consommation d’électricité ait augmenté de quelque 2% par an au cours de la dernière décennie. Selon les experts, cette hausse n’est pas près de s’arrêter. Et si la voiture électrique s’impose, la consommation du ménage moyen pourrait même doubler, passant de 3.500 à 7.000 kWh par an.

Parallèlement, le Belge consomme de moins en moins de gaz naturel et de mazout de chauffage grâce à des maisons de mieux en mieux isolées. L’électricité est donc appelée à jouer un rôle croissant, y compris dans la production de chaleur. «C’est donc là que réside l’avenir de notre énergie. Mais celle-ci devra provenir de sources renouvelables », prévient Ronnie Belmans, également professeur en technologie de l’énergie à la KUL.

Interaction accrue entre utilisateurs

«Prochainement, nous n’aurons plus besoin de grandes centrales électriques», prédit Ronnie Belmans. «Les panneaux solaires, la géothermie ou les éoliennes permettront à des systèmes décentralisés d’approvi – sionner en électricité les consommateurs locaux. Cela engendrera une nouvelle architecture des bâtiments – par exemple avec des panneaux solaires intégrés dans les façades ou dans les tuiles – et exercera une influence sur l’interaction entre les citoyens.»

Vous pourrez facilement fournir votre excédent d’énergie à votre voisin sans passer par le réseau électrique. Les habitants d’un immeuble d’appartements pourront aussi installer une batterie domestique commune destinée à stocker l’énergie produite par leurs propres panneaux solaires. «Et grâce aux réseaux de chaleur de dernière génération et à des techniques de mesure et de régulation avancées, les bâtiments pourront s’échanger de la chaleur», poursuit Ronnie Belmans.

Du pain sur la planche pour les pouvoirs publics

«Cet avenir ne sera possible qu’avec une législation adaptée», estime le spécialiste. «Nos lois sur l’énergie datent de 1925, année où les communes ont reçu le monopole de l’approvisionnement électrique sur leur territoire. Ces lois sont totalement dépassées si nous voulons développer des systèmes énergétiques intégrés localement.»

Il est donc urgent de construire un cadre législatif moderne. «C’est pourquoi EnergyVille rassemble aujourd’hui toutes les connaissances nécessaires afin de soutenir les pouvoirs publics et leurs partenaires dans la transition vers l’énergie de demain.»