Un projet de ce type est commercialement rentable si 50% des gains énergétiques refluent vers l’investisseur

Luc Stijnen
directeur de Zonnige Kempen

Des logements sociaux chauffés par le revêtement routier

L’asphalte peut devenir particulièrement chaud l’été. C’est ainsi que treize habitations sociales de Zoerle-Parwijs, dans l’entité de Westerlo, récupèrent cette chaleur et l’utilisent en hiver pour leur chauffage par le sol.

Envisager la durabilité et les services énergétiques sur un horizon de trente ans dans la construction de logements sociaux: tel était le sujet d’un concours organisé par la Société flamande du logement social il y a dix ans.

Luc Stijnen, directeur de Zonnige Kempen: «En tant que plus jeune société de logement social de Flandre, ce thème nous a toujours passionnés. Notre proposition a remporté le concours et nous avons reçu des subsides pour réaliser le projet.»

54 tonnes

Économies annuelles de CO2 générées par le concept énergétique avancé, environ autant que les émissions annuelles moyennes de vingt voitures.

Afin de réaliser le complexe, Zonnige Kempen a collaboré avec le VITO, l’Institut flamand pour la recherche technologique. «Pour la partie solaire, nous avons fait appel à l’expertise d’un partenaire privé, IZEN Energy Systems», indique Luc Stijnen.

Collecteur souterrain d’énergie solaire

Le projet de démonstration a pris forme sur un terrain en friche dans le centre de Zoerle- Parwijs. Il intégrait notamment des chauffeeau solaires, des panneaux solaires photovoltaïques, une isolation poussée et un système de ventilation avancé. L’intervention la plus étonnante? L’installation d’un collecteur d’énergie solaire qui, via un système de canalisations intégré au revêtement routier, conserve la chaleur à une profondeur d’une cinquantaine de mètres sous le sol. Les couches de sable et d’argile peuvent en effet stocker pour longtemps la chaleur du soleil. L’hiver, une pompe à chaleur ramène celle-ci jusque dans les habitations. L’été, l’asphalte refroidit plus vite, ce qui le rend si résistant.

Apprendre aux résidents à gérer leur habitation

Le concept énergétique appliqué réduit les émissions annuelles de CO2 des résidents d’environ 54 tonnes. Pour les locataires du complexe résidentiel, c’est au niveau de leur facture énergétique que les bénéfices se font sentir.

Luc Stijnen souligne l’importance de la formation et de l’accompagnement. «Nous apprenons aux habitants à optimiser l’utilisation de leur habitation et du système de ventilation. En mettant l’accent sur les conséquences financières, il est plus facile de convaincre les locataires.»

Une famille de trois personnes, par exemple, ne dépensait que 450 euros en énergie la première année. «En dix ans, le projet a largement prouvé son utilité», conclut Luc Stijnen. «Nous avons résolu les maladies de jeunesse du concept  Par la suite, nous avons réutilisé certains principes ainsi que le concept même de l’habitation. Mais le projet de logement de Zoerle-Parwijs est le plus avancé que nous ayons jamais réalisé.»

Reste à savoir si un tel projet est aussi viable sans subsides. «Nous avons étudié la question. Et oui, il est commercialement rentable si 50% des gains énergétiques refluent vers l’investisseur.»