Il faut créer un écosystème Smart Belgium qui regroupe les académiques

Nathalie Crutzen
directrice du Smart City Institute

Le Smart City Institute sensibilise les jeunes aux villes durables

Lancé en 2015, le Smart City Institute (SCI) est un institut académique dédié à la problématique des villes durables et intelligentes en Belgique et à l'international.

Situé au coeur de la Cité ardente, le Smart City Institute répond à quatre missions. Nathalie Crutzen, professeur de stratégie et développement durable à HEC Liège et directrice du SCI: «La première mission est une mission de recherche. Nous publions annuellement des articles scientifiques ou d’autres plus appliqués liés à la problématique des smart cities en Belgique et à l’étranger. Vient ensuite une mission de formation. Logé à HEC-École de gestion de l’ULg, 350 étudiants de 2e master suivent le séminaire SCI. Nous l’avons rendu obligatoire pour qu’ils soient tous, sans exception, sensibilisés à la problématique de la transition durable des territoires et des smart cities.»

«La première partie est académique avec les conférences de nos différents partenaires, où nos étudiants sont confrontés à beaucoup d’informations venant à la fois de spécialistes académiques mais aussi d’experts sur le terrain. La deuxième partie, plus pratique, leur permet de travailler sur des solutions «smart cities» concrètes pour transformer tout le territoire wallon. Chaque année, plus de 60 idées émanent du SCI. Ce qui mène à la troisième mission, liée au soutien de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Le City Venture Lab est notre incubateur de projets au sein duquel 20 start-ups sont actuellement en incubation avec de réels projets. La dernière mission est de sensibiliser aux thématiques smart cities au travers de conférences et d’événements ouverts à tous.»

Les smart cities traitées sous l’angle managérial

Avant, les questions liées aux smart cities étaient abordées d’un point de vue technique, voire urbanistique. Le SCI aborde ces questions sous l’angle managérial. «Pour rendre un territoire plus smart, il faut se poser les bonnes questions en matière de management et d’économie. Évidemment, nous sommes conscients que c’est un phénomène multidisciplinaire. Il est essentiel de travailler avec des collaborateurs issus du monde académique, mais aussi d’autres disciplines comme l’urbanisme, l’énergie ou la sociologie », appuie Nathalie Crutzen.

L’originalité du SCI, hormis d’être le premier à être rattaché à une école de gestion, réside surtout dans l’équilibre entre un partenaire public, la Région wallonne, et quatre entreprises privées, qui aident à coconstruire le séminaire. «Grâce à un partenariat équilibré entre public et privé, le SCI est indispensable pour les smart cities de demain», souligne sa directrice.

Des acteurs engagés dans une stratégie durable

«Belfius nous aide à financer des projets smart cities et apporte son expertise dans ce domaine. C’est un acteur-clé pour comprendre la problématique des villes intelligentes, sans oublier son partenariat avec la Banque européenne d’investissement (BEI). Accenture, Proximus et depuis peu Schréder apportent leur expertise dans leur domaine respectif, à savoir la consultance, la technologie et l’éclairage public.»

Si on veut optimiser et combiner au mieux les approches régionales et nationales, il faut créer un écosystème Smart Belgium qui regroupe les académiques.

Le City Venture Lab est notre incubateur de projets au sein duquel 20 start-ups sont actuellement en incubation avec de réels projets
Nathalie Crutzen, directrice du Smart City Institute
Smart Belgium, un écosystème indispensable

Pour Nathalie Crutzen, la vision Smart Belgium doit se fixer sur trois niveaux: la recherche, l’enseignement, et l’entrepreneuriat et l’innovation. «Le SCI a pour but de jouer un rôle-clé dans cette approche. J’insiste depuis toujours sur l’importance de créer un véritable réseau entre tous les chercheurs et les professeurs actifs dans cette thématique. Une volonté concrétisée dernièrement avec l’aide de mon confrère Pieter Ballon de la VUB et la création du B-SCAN, le Belgian Smart City Academic Network, qui vise à réunir autour de la table les académiques et les chercheurs intéressés par les problématiques de villes intelligentes en Belgique.»

La transition vers les villes intelligentes et durables suit son cours mais la mobilisation doit continuer, avertit la directrice du SCI: «À chaque niveau de pouvoir, communal, régional, provincial, il faut se mobiliser! Pas uniquement les politiques ou les jeunes mais tout un chacun. Il faut poursuivre la dynamique qui s’est mise en place et augmenter le nombre de projets concrets smart cities à l’ensemble du territoire belge.»