Chaque type de commune a des avantages spécifiques pour évoluer vers une smart city

Nathalie Crutzen
directrice du Smart City Institute

Les Smart Cities en Belgique: premier état des lieux positif

Comment les acteurs de nos villes appréhendent-ils le phénomène? Que représente pour eux la Smart City? 119 communes sur 589 ont répondu à une étude quantitative, demandée par le Smart City Institute. L'occasion d'amener quelques pistes de réflexion pour promouvoir cette dynamique.

Le Smart City Institute, sous la direction de Nathalie Crutzen, vient de publier un premier état des lieux des Smart Cities en Belgique. «Pour un premier baromètre, avoir 19% de répondants est très positif. Globalement, les communes belges perçoivent la Smart City avant tout comme un challenge technologique. Ensuite comme une opportunité et finalement, comme le futur des villes. 6 communes sur 10 se sentent concernées par le phénomène», explique Nathalie Crutzen.

Des projets smart plus cohérents

Toutes les administrations communales ayant répondu au questionnaire ont certainement, dans leur liste, des projets qui peuvent être estampillés ‘Smart City’. «Ils doivent certainement être repensés de manière plus cohérente, dans un plan ou dans une stratégie globale.» Le Smart City Institute cherche lui-même à créer des liens entre le monde académique, le monde public et le monde privé. «Je pense qu’il faut continuer à créer des zones de rencontre entre les différents acteurs pour mettre en place une dynamique qui implique toutes les parties prenantes sur le territoire», précise Nathalie Crutzen pour qui le phénomène ‘Smart City’ reste perçu comme quelque chose qui implique quasiment et exclusivement les pouvoirs publics locaux.

L’autre difficulté rencontrée par les communes est le manque de compétences nécessaires pour relever les défis. «Pour cela, chaque commune doit avoir au sein de l’administration, une personne capable de mobiliser les différents départements en interne, et qui pourra donner l’impulsion à la commune de s’ouvrir et de travailler de manière transversale avec des acteurs externes. Devenir une Smart City, c’est faire transiter son territoire vers plus de durabilité tout en restant attractif. Il faut attirer des entreprises, de nouveaux habitants, des commerces.»

Toutes les communes peuvent devenir Smart

Faire transiter son territoire vers une ville intelligente est un phénomène qui n’est pas gratuit. Le premier obstacle cité dans le baromètre est d’ailleurs le manque de moyens financiers. «Le manque de moyens financiers ne devrait pas être un obstacle pour réaliser des projets durables et intelligents. Il faut pouvoir aller vers l’extérieur, vers des méthodes de financement innovantes, par exemple.»

Petite ou grande, rurale ou urbaine, toute commune peut devenir une ‘Smart City’. «Chaque type de commune a des avantages spécifiques pour évoluer vers une Smart City, une opportunité à saisir», appuie Nathalie Crutzen. Devenir une Smart City est un idéal vers lequel il faut tendre et qui se base sur un savant mélange de nouvelles technologies, de facteurs sociaux, humains, économiques, environnementaux et institutionnels. Des métropoles comme Londres, Barcelone ou Montréal ont lancé la démarche Smart City. Demain, toutes les communes devront être impactées.