Le patient de demain jouera un rôle central dans les soins qui lui sont destinés

Maggie De Block
ministre fédéral de la Santé publique et des Affaires sociales

Les soins intelligents favorisent la qualité et allègent la facture

Innovations technologiques, création de réseaux hospitaliers et meilleure répartition des tâches médicales amélioreront la qualité des soins tout en réduisant les coûts. C’est ce qu’affirme Maggie De Block, ministre de la Santé publique et des Affaires sociales.

«Le patient de demain jouera un rôle central dans les soins qui lui sont destinés», prédit Maggie De Block. «Le vieillissement de la population accroît les besoins de soins chroniques. L’accessibilité des prestataires, comme les médecins et les infirmiers mais aussi les pharmaciens, ne cesse de gagner en importance. À l’avenir, tous ces acteurs devront collaborer plus étroitement.»

Les innovations intelligentes dans le secteur des soins de santé peuvent les y aider. Les apps mHealth par exemple permettent déjà d’enregistrer à domicile des paramètres comme le rythme cardiaque et la pression artérielle. Ces données sont transmises en temps réel au médecin ou à l’hôpital. Une évolution favorable, selon la ministre. «Le partage des informations médicales entre les prestataires de soins et les hôpitaux ne fera qu’améliorer la qualité de la santé.»

Cette évolution aura des conséquences sur la délimitation des domaines de spécialité entre les prestataires de soins. Ces limites vont s’estomper et laisser la place à des collaborations interdisciplinaires, affirme Maggie De Block. «C’est pourquoi nous interrogeons aujourd’hui trente mille médecins, spécialistes et infirmiers sur cet effacement des frontières entre les professions médicales.»

25 réseaux hospitaliers

Les hôpitaux aussi traverseront de grands changements. Aujourd’hui, notre pays compte plus de cent hôpitaux non psychiatriques, souvent répartis sur plusieurs sites. À l’avenir, ils collaboreront au sein de vingt-cinq réseaux hospitaliers maximum.

24 milliards d’euros

Le montant dépensé en 2017 en soins de santé.

«Nous pourrons ainsi répartir les tâches médicales de manière optimale. Des soins hautement spécialisés, comme le traitement de certains types de cancer et certaines interventions chirurgicales, exigent une concentration  d’expertise. Nous allons donc les organiser de plus en plus au niveau du réseau. Simultanément, nous devons rester attentifs à la nécessité de proposer des soins au niveau local, à proximité du patient», poursuit Maggie De Block.

Soins intelligents

La définition des soins intelligents est claire: «Ce sont des soins qui sont organisés de manière efficace, accessibles, de qualité et financièrement à la portée tant du patient que des pouvoirs publics», selon la ministre.

«Aujourd’hui, nous consacrons environ 10% de notre PNB aux soins de santé. En 2017, cela représentera plus de 24 milliards d’euros. Pour que ces soins de santé restent supportables dans les années à venir, nous devons absolument économiser de manière intelligente. D’abord, en nous attaquant à la surconsommation, ensuite en procédant à des réformes, enfin en attirant l’attention du patient sur certains risques sanitaires par des campagnes de sensibilisation. Tous ces éléments sont cruciaux si nous voulons garantir des soins de santé de qualité aux générations à venir.»