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Livraisons intelligentes à Charleroi: 400 poids lourds en moins

Pour éviter que d'innombrables camions de livraison continuent à embouteiller la ville, les acteurs locaux de Charleroi ont réfléchi à des solutions innovantes. C'est ainsi qu'en mars dernier, un centre de distribution urbaine intelligent a vu le jour dans la cité wallonne.

À l’instar de nombreuses agglomérations, Charleroi est confrontée à un afflux de camions de livraison dans son centre-ville. Pour diminuer l’engorgement des réseaux routiers publics tout en assurant aux commerçants une offre adéquate et sécurisée, le centre de distribution urbain (CDU) a ouvert ses portes en mars 2016. «La ville a rédigé un plan de mobilité contraignant pour les camions, qui n’auront plus accès au centre-ville: certains accès sont déjà limités», précise Carina Basile, chargée de projet Digital Cities pour la ville de Charleroi.

Avec un entrepôt de 2.000 m² idéalement situé à l’entrée de la ville, proche du ring et des transports en commun, le CDU, administré par la société CityDepot, propose une alternative intelligente de livraison. «Les camions qui n’entrent plus dans la ville se rendent au centre de distribution urbain», détaille Carina Basile. «Leur marchandise est déchargée dans la zone tampon, où elle peut être stockée quelques heures ou quelques jours. Elle est ensuite acheminée, par des camionnettes électriques et des vélos, vers les commerces. Actuellement, seule de la marchandise sèche est entreposée. Depuis l’inauguration, nous avons pu éviter l’entrée en ville de 400 poids lourds, ce qui équivaut à 100 tonnes de marchandises traitées et à 7.000 envois consolidés.»

Sensibiliser les commerçants

En prenant en charge le «last mile», le centre de distribution urbain facilite la vie des commerçants. Demain, il pourra y ajouter un service de ’first mile‘: grâce à une gestion avancée et interactive des demandes, les camionnettes ne reviendront plus à vide au dépôt. «Elles pourront servir à acheminer des déchets, par exemple. Ce concept est évolutif. Aujourd’hui, l’enjeu est de continuer à sensibiliser les commerçants. L’ASBL Charleroi centre-ville, partenaire du projet, les a d’ailleurs rencontrés pour leur expliquer, en amont, le fonctionnement du CDU. Le service a été très bien accepté. L’accompagnement des commerçants, notamment pour leur présenter la terminologie utilisée, les a rassurés. Les contacts ont été positifs.»

Sur un coût total de 6 millions d’euros, 5,4 millions ont été couverts par le fonds européen FEDER et la Région wallonne
Carine Basile, résponsable du projet Digital Cities pour la ville de Charleroi

CityDepot doit prolonger cette sensibilisation afin qu’un maximum de camions passent par le centre de distribution. Dès janvier, un commercial sera engagé dans ce but.

Une première en Wallonie

Même si le concept n’est pas nouveau, ce CDU est le premier du genre en Wallonie. Sur un coût total de 6 millions d’euros, 5,4 millions ont été couverts par le fonds européen FEDER et la Région wallonne, tandis que les 10% restants ont été financés par la ville de Charleroi.

«Les initiatives lancées par Belfius, telles que les Smart Awards, sont importantes, car elles renforcent le sentiment de travailler dans la bonne direction», apprécie Carina Basile. «Elles favorisent également la visibilité et le développement de nouveaux projets smart. Il faut continuer à sensibiliser les autres acteurs et lancer de nouvelles synergies.»

Pour la chargée de projet, il convient de désacraliser le mouvement des Smart Cities: «Cette expression de ’ville intelligente‘ est souvent liée à la technologie. Or, ce concept va bien au-delà. Il faut impliquer toutes les parties prenantes, proposer des solutions adéquates, des alternatives. Et, par-dessus tout, éviter de travailler en silo: la réflexion commune est un élément essentiel!»