On ne crée pas un projet intelligent tout seul

Un vaste écosystème qui développe des solutions intelligentes pour une société meilleure: tel est l’objectif que se sont fixés Belfius et Vlerick pour les partenariats public-privé mis en place dans le cadre de Smart Belgium.

«En premier lieu, nous sommes à la recherche de manières de cartographier cet écosystème», explique Stijn Viaene, professeur en transformation numérique de Vlerick Bussiness School. «L’écosystème est constitué de partenariats successifs avec, notamment, des organisations publiques, des entreprises privées et des instituts de connaissance. Tous nourrissent l’ambition de dépasser leurs capacités individuelles via des collaborations et de devenir meilleurs ensemble. Nous étudions la dynamique qui opère entre tous ces partenaires. Qui donne? Qui prend? Et comment permettre à toutes les parties autour de la table d’en sortir gagnantes?»

Convertir des ambitions en projets concrets

Toute collaboration au sein de cet écosystème commence par une idée prometteuse ou un besoin. Mais pour obtenir des résultats concrets, cela ne suffit pas, nuance Karmen Wijnant, directrice Expertise clients Public & Corporate Banking chez Belfius. «Prenez le climat ou l’énergie. Deux tiers des autorités locales dans notre pays ont signé la Convention européenne des maires. De nombreuses villes veulent donc atteindre ces objectifs énergétiques, mais il est très difficile de transformer ces ambitions en projets concrets. Ce processus doit être mis en oeuvre avec les partenaires adéquats. Avec qui faut-il collaborer pour obtenir les meilleurs résultats? C’est la question à laquelle nous voulons répondre avec Smart Belgium.»

Stijn Viaene embraie: «Nous étudions cette question de deux façons. D’une part, nous conceptualisons, en posant des dessins stratégiques. Quelles sont les parties qui entrent en considération? Qui apporte quoi? Quelle est la valeur créée? Comment les parties se côtoient-elles? Quelles règles doivent être suivies? Etc. D’autre part, nous apprenons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans le cadre d’expériences concrètes.»

Besoin de savoir-faire

«Les organisations publiques sont conscientes qu’ elles ne peuvent pas réaliser de tels projets seules», prolonge Karmen Wijnant. «Elles sont confrontées à des restrictions budgétaires et ont besoin du savoir, de l’expertise et de l’innovation spécifiques de start-ups, PME et grandes entreprises pour construire les smart cities de demain. En tant que banque, nous devons aussi assumer nos responsabilités. Nous mettons des moyens à disposition, mais sans collaboration ou projets concrets, nous ne pouvons rien financer. Le simple fait de rassembler toutes les parties – secteur public, entreprises, citoyens et banques – permet de donner vie à des projets intelligents.»

Qui donne? Qui prend? et comment permettre à toutes les parties autour de la table d’en sortir gagnantes?
Stijn Viaene, professeur en transformation numérique de Vlerick Business School

L’accompagnement des différents projets et processus joue également un rôle-clé, explique Karmen Wijnant. «Nous voulons transformer les idées intelligentes en projets. Chaque projet est différent et exige une approche différente. Une ville portuaire a d’autres besoins qu’une commune rurale, par exemple. Nous voulons toujours apporter une réponse spécifique à la problématique, que le concept tourne autour de la mobilité, du développement urbain, de l’écologie, de l’emploi, etc. En fin de compte, notre objectif est d’obtenir des résultats et la mise en oeuvre de projets adaptés, avec les partenaires adéquats.»

Un show-room rempli d’exemples inspirants

Pour créer des synergies entre les pouvoirs publics et leurs partenaires, Belfius assume un rôle de facilitateur, notamment via le Smart Lab: une ville idéale virtuelle qui accroît la visibilité des idées, projets et possibilités. «Dans le Lab, nous voulons montrer des exemples de projets qui pourront servir de sources d’inspiration pour de nouvelles initiatives intelligentes. Voyez-y une espèce de show-room qui présente des collaborations et des incitants à développer des solutions innovantes. Le Lab permet ainsi aux pouvoirs publics de sélectionner le partenaire adéquat. De plus, les entreprises y ont la possibilité de découvrir le secteur public comme un débouché potentiel », annonce Karmen Wijnant.

Le simple fait de rassembler toutes les parties – secteur public, entreprises, citoyens et banques – permet de donner vie à des projets intelligents
Karmen Wijnant, directrice Expertise clients Public & Corporate Banking chez Belfius
Nouveau visage

Smart Belgium changera la manière dont les parties collaboreront demain, affirme une Karmen Wijnant convaincue. «Nous voulons inspirer une nouvelle attitude, où les achats classiques de matériel seront remplacés par des services partagés. L’administration locale ne va plus acheter un éclairage urbain, mais considérer l’éclairage comme un service. Et dans ce cas, le secteur privé doit participer à ces réflexions.»

Stijn Viaene confirme: «Ce scénario illustre parfaitement le côté “intelligent” de Smart Belgium. Les pylônes d’éclairage existent depuis très longtemps, sauf que nous pouvons à présent en confier l’information et le pilotage à des entreprises privées, par exemple. Celles-ci pourront à leur tour mettre sur pied des collaborations avec d’autres acteurs. Et c’est un nouveau stimulant pour Smart Belgium en tant qu’écosystème.»

Le Smart Lab, marché numérique de projets intelligents

Le Smart Lab, show-room numérique de projets inspirants et catalyseur de nouvelles collaborations, disposera d’un marché numérique où les acteurs pourront proposer leurs appels d’offres, services, connaissances et produits.

«Nous voulons offrir aux différentes parties la possibilité de faire affaire sur ce nouveau marché», argumente Karmen Wijnant. «Il donnera également naissance à des interactions entre des conseils et des solutions. Des besoins y seront identifiés afin de stimuler d’autres innovations.»

Stijn Viaene conclut: «Assister à la naissance d’un marché numérique unique où l’offre et la demande se rencontreront dans le cadre de projets intelligents, c’est non seulement passionnant, mais aussi très innovant.»