BeeOdiversity 


Les abeilles se transforment en drones pour protéger la nature

La société BeeOdiversity a stratégiquement placé des colonies d’abeilles à Knokke-Heist pour évaluer et contrôler la qualité de l’environnement. Au service de la biodiversité et des citoyens, et toujours dans un esprit participatif.

Lorsque Knokke-Heist a souhaité soigner son environnement afin de protéger ses insectes pollinisateurs (et donc aussi ses citoyens), elle a fait appel à une solution innovante, développée par la société belge BeeOdiversity: le Beeomonitoring. «Il existe plusieurs façons de contrôler la bonne santé de l’environnement», explique Michaël van Cutsem, CEO de BeeOdiversity. «On peut installer des capteurs, mais ceux-ci cibleront un polluant en particulier, par exemple, en un endroit précis. Une vaste zone implique donc une multiplication de capteurs. Une deuxième méthode consiste à envoyer des gens sur le terrain. Mais, à nouveau, ceux-ci ne pourront établir une analyse visuelle ou pratiquer un prélèvement manuel qu’en des lieux donnés.»

Avec 50.000 abeilles dans chacune de nos 150 colonies, on peut dire que Beeodiversity compte 7,5 millions d’employées!
Michaël van Cutsem, CEO de BeeOdiversity

La solution pour monitorer l’environnement sur un espace plus large? Les abeilles, tout simplement. «Elles couvrent naturellement une zone de butinage de 700 hectares. Et elles entrent en contact avec 4 milliards de plantes chaque année, en moyenne. Nous analysons le pollen et le nectar qu’elles rapportent à la ruche. Ceux-ci captent les molécules telles que les polluants et les pesticides. Ils offrent en outre de précieuses informations sur les plantes présentes dans la zone et leurs qualités nutritionnelles.»

L’analyse en laboratoire permet de tirer des conclusions solides en croisant les données grâce à un logiciel. Il en sort un état des lieux très précis, ainsi que des conseils pour améliorer ou préserver la zone étudiée. Par exemple, face à des carences en termes de biodiversité, l’entreprise a animé pour Spadel un groupe de travail d’où ont émergées des actions concrètes (fauche tardive et réaménagement de leur parking afin de planter de nouvelles essences). «La force de ce système est triple. Les abeilles assurent un échantillonnage plus large, nous analysons une multitude de polluants différents et, grâce au logiciel, nous croisons une énorme quantité de données.»

Knokke-Heist s’est ainsi vue quadrillée par des colonies d’abeilles. «Une première année d’analyse a fourni état des lieux et conseils. Après la deuxième année, le nombre d’espèces monitorées avait doublé suite aux actions réalisées sur le terrain. Et tout juste quatre ans après le lancement du projet, Knokke-Heist est devenue un lieu exceptionnel pour la biodiversité.» Actuellement, BeeOdiversity administre quelque 50.000 hectares avec 150 colonies. «Chacune contenant environ 50.000 abeilles, on peut dire que BeeOdiversity compte 7,5 millions d’employées!»

La dimension participative, enfin, est essentielle. «Nous impliquons toutes les parties prenantes dans nos projets. À Knokke-Heist, des centaines de citoyens ont par exemple planté dans leur jardin des graines mellifères (qui donneront des plantes produisant nectar et pollen en quantité et de qualité, NDLR). Et nous partageons toujours les données récoltées, avec les municipalités notamment.»

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