Les égouts, source insoupçonnée de chaleur

Vivaqua

Les égouts, source insoupçonnée de chaleur

Chaque année, 20 à 25 kilomètres du réseau d'égouttage bruxellois sont rénovés. VIVAQUA veut profiter de la modernisation de ces canalisations pour mettre en place un dispositif de récupération de chaleur.

VIVAQUA étudie la récupération de la chaleur émanant des canalisations d’égout depuis 10 ans. Celle-ci est assurée par un procédé d’extraction de chaleur assurant des coefficients de performance très intéressants. Le projet s’inscrit dans la transformation durable des villes et communes puisqu’il optimise les ressources présentes dans le paysage urbain et non encore exploitées.

1er projet de référence

«En 2013, nous avions choisi de chauffer un petit local technique d’un bassin d’orage de la rue des Myrtes à Molenbeek», évoque Olivier Broers, directeur des Études et des Investissements. «La faculté polytechnique de l’ULB a mesuré chaque jour, pendant un an, les évolutions de températures pour connaître le nombre de kilowatts qu’on pouvait dégager de ce réseau d’égout. Cette 1re étape, en partenariat avec l’ULB, est maintenant clôturée. Forts de cette expérience, nous voulions trouver un projet plus concret.»

Nous voulons couvrir 20% à 25% des besoins en chauffage et en conditionnement d’air
Olivier Broers, directeur des Études et des Investissements chez VIVAQUA

C’est chose faite avec la rénovation, à Uccle, d’un bâtiment communal de 15.000 m². «Nous allons pouvoir couvrir les besoins en chauffage et les besoins en conditionnement d’air (refroidissement) à raison de 20%, au minimum. Ce projet sera une référence pour VIVAQUA. Les travaux de réhabilitation de l’égout et l’installation des infrastructures de récupération de la chaleur sont prévus à partir de juillet 2018. Les travaux de réhabilitation et d’installation des infrastructures dans le bâtiment communal débuteront un peu plus tôt, en mai 2018, et ce pour une période de 15 mois. Le retour sur investissement estimé à 20 ans est tout à fait acceptable.»

Jusqu’à 26.000 tonnes de CO2 économisées/an

VIVAQUA est déjà en pourparlers avec 3 autres partenaires potentiels, comme l’explique Laurence Bovy, directrice générale: «Beliris, la Ville de Bruxelles ainsi que la Ville de Valence en Espagne ont montré de l’intérêt pour notre projet. Celui-ci ne peut d’ailleurs pas être reproduit sans notre consentement. Nous avons déposé un brevet européen pour en assurer la protection.»

Des projets qui, comme le précise Olivier Broers, en sont à leur début. «La Ville de Bruxelles veut construire un nouveau bâtiment destiné au service technique où la configuration du réseau d’égouts se prête à la géothermie urbaine. Pour Beliris, il s’agit de la rénovation d’un bâtiment situé le long de la rue Louis Hap à Etterbeek. Nous étudions actuellement la faisabilité du projet. Nous avons également de très bons contacts avec l’étranger, notamment avec la Ville de Valence qui souhaite placer un échangeur de chauffage et refroidissement dans une piscine communale.»

Équiper par anticipation une partie de l’ensemble du réseau d’égout chaque année permettrait d’économiser, en Région bruxelloise, 26.000 tonnes de CO2 annuellement si 20 km d’échangeurs pouvaient être activés par la suite en fonction des demandes de ce type de chauffage ou conditionnement d’air. Un projet de géothermie urbaine qui touche à la fois à l’économie circulaire et au développement durable, «et qui est aussi une contribution non négligeable à la qualité de l’air à Bruxelles», conclut Laurence Bovy.

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