Quand l’innovation s’inspire de la tradition

Les projets les plus innovants s’inspirent parfois d’une tradition qui se perd. La preuve avec le Domaine d’Haugimont, situé à 18 km au sud-est de Namur. Depuis 1978, les 300 hectares de bois du domaine produisent chaque année quelque 1.000 m3 de bois d’œuvre (charpente, menuiserie, ébénisterie, etc.) et 1.000 stères de bois de chauffage ou d’industrie (papier, panneaux). Jusqu’en 2007, le bois était transformé par des scieries locales ou, à tout le moins, belges. Depuis, il est acheté par des marchands qui l’exportent en Chine ou en Inde, où il est transformé en meubles et planchers avant d’être réimporté en Europe. Avec, pour corollaire, la lente disparition des scieries belges.

Propriété de l’Université de Namur, le Domaine d’Haugimont a donc proposé à sa maison-mère d’utiliser, pour les portes de sa nouvelle Faculté des Sciences, son propre bois, scié et séché par la scierie Hontoir, qui compte parmi les 12 dernières scieries de chênes, frênes et hêtres de Wallonie. Ces 300 portes représentent l’équivalent de quatre conteneurs de bois qui ne feront pas l’aller-retour jusqu’à Shanghai. Le bénéfice est évident tant du point de vue économique que de l’empreinte carbone.

L’idée, au-delà de ce projet spécifique, est de généraliser l’usage du bois produit localement dans les chantiers de construction de l’UNamur. De quoi, aussi, renforcer l’image de marque de l’université namuroise et faire de celle-ci un exemple, pour ses cousines louvanistes et liégeoises mais aussi pour les pouvoirs publics, en matière d’économie circulaire, de développement durable et tout simplement de bonne gestion.