Livraisons de colis sur deux-roues

Jeune start-up liégeoise, Rayon9 propose un service de livraison rapide, et offre aux jeunes un emploi salarié valorisant.

Liège ne déroge pas à la règle: le trafic en centre-ville est sujet à engorgements. Fondée en décembre 2015 par 3 amis, cyclistes et liégeois, Rayon9 apporte une solution innovante à un problème de mobilité et veut contribuer en même temps à créer de l’emploi pour des jeunes à faible formation.

«Effectuer des livraisons dans le centre des grandes villes n’est pas évident», confirme Benoît Renard, l’un des membres fondateurs. «Serge Mignonsin, Julien Demonceau et moi-même avons lancé cette initiative voici un an avec deux objectifs: contribuer à la mobilité douce et à l’amélioration du cadre de vie, et proposer aux jeunes motivés un travail de coursier salarié et valorisant.»

Une clientèle diversifiée

Depuis le début de son activité, la clientèle de Rayon9 ne cesse de se diversifier. «Nos premiers clients étaient des acteurs des circuits courts et de l’alimentaire bio. Nous avons ensuite établi des collaborations avec quelques titres de la presse périodique indépendante comme Médor, C4 et Imagine, et avec quelques commerçants du centre-ville. Depuis peu nous livrons tous les jours les colis que nous confie un transporteur liégeois, ECC. Nous avons aujourd’hui une vingtaine de clients réguliers en portefeuille, ainsi que des clients ponctuels.»

Le siège de Rayon9 se trouve au Pôle Image de Médiacité. Un emplacement stratégique pour rayonner dans toute la ville et être aisément accessible aux clients. «Nous proposons 3 types de livraison. La livraison standard en 24 heures est la plus répandue. Il existe une livraison express en 2 heures et un dernier type de livraison personnalisée avec une solution de stockage. Celle-ci s’avère très utile pour les entreprises et commerces situés en ville et qui se font livrer des marchandises. Car nous pouvons stocker ces dernières et les livrer ensuite à la demande.»

Premier emploi valorisant

Actuellement, les courses sont réalisées par Adrien, l’unique coursier, engagé sous contrat premier emploi. «Le marché de l’emploi traditionnel est saturé, surtout chez les jeunes à faible niveau de formation. Nous leur proposons un premier emploi valorisant, utile à la collectivité et dans un secteur novateur.»

Adrien réalise en moyenne 25 courses par jour sur son vélo cargo, réparties selon 2 zones de livraison: l’une du nord au sud de Liège, à plat, et une seconde qui monte sur les hauteurs. «Adrien parcourt environ 30 kilomètres par jour. C’est un métier physique et exigeant. Il fallait un jeune vraiment convaincu pour braver des conditions météo pas toujours optimales. Mais il s’agit d’un emploi sain : l’activité se déroule en plein air, laisse au coursier une bonne part d’autonomie et est très bénéfique à la collectivité.»

Un défi majeur: le financement

La gestion de Rayon9 se veut démocratique et participative. «Nous gérons à 3 la société, mais nous avons chacun un temps-plein dans d’autres sociétés. C’est une activité bénévole pour nous. Avec nos 2 employés – la coordinatrice et le coursier – nous composons le cœur de la société coopérative.»

Le projet nécessite un capital de départ de 80.000 euros. Plus de 80 coopérateurs ont investi dans le projet pour un total de 41.500 euros. «Une part coûte 250 euros. Chaque coopérateur peut acquérir jusqu’à 20 parts. L’implication financière est bien sûr importante mais les coopérateurs représentent une aide précieuse pour leurs idées et leurs coups de main.»

Rayon 9 privilégie les besoins collectifs sur le profit des actionnaires et des dirigeants. Et la chance offerte par Belfius est importante pour apporter de la visibilité: «Même si vous développez un projet viable et tout à fait innovant, trouver du financement n’est pas chose facile. Des initiatives comme les Smart Awards de Belfius sont cruciales. Nous avons besoin de ce type de soutien.»

L’ambition de Rayon9 est de se développer pour être en mesure d’engager plusieurs coursiers et devenir un acteur reconnu dans le transport local.