Rien que dans les écoles, bâtiments publics, logements sociaux, centres sportifs et maisons de repos, les besoins d’investissements destinés à économiser l’énergie sont énormes en Belgique

Joost Declerck
promotor B2G chez Belfius

REnnovates: rénover pour réduire la facture énérgetique

En l’espace de deux semaines à peine, le projet européen REnnovates équipe de vieilles maisons d’une nouvelle isolation, d’une toiture avec panneaux solaires et d’une pompe à chaleur. Elles deviennent ainsi des habitations zéro énergie pour quarante ans. En tant que partenaire, Belfius étudie le potentiel pour notre pays.

REnnovates est un projet européen subsidié pour trois ans qui s’inscrit dans le programme d’innovation Horizon 2020. Il trouve son origine dans Stroomversnelling (Accélération), un projet néerlandais, comme nous l’explique Joost Declerck, promotor B2G (Business to Government) chez Belfius.

«Aux Pays-Bas, le groupe d’entrepreneurs BAM a mis au point une technique de rénovation unique pour les habitations à loyer social. Résultat: d’anciennes maisons sont transformées en logements efficaces d’un point de vue énergétique en deux semaines à peine. Elles sont dotées d’une enveloppe extérieure isolante, d’une nouvelle toiture avec panneaux solaires et d’une pompe à chaleur. Une telle rénovation coûte moins cher qu’une démolition suivie d’une nouvelle construction. Qui plus est, elle permet aux résidents de rester chez eux. Les maisons ainsi rénovées sont parées pour quarante ans et se transforment en habitations zéro énergie: elles produisent autant d’énergie qu’elles en consomment chaque année.»

Utiliser intelligemment l’excédent d’énergie

REnnovates souhaite à présent s’étendre à l’échelle européenne, dans notre pays et dans d’autres zones climatiques. Et ce, non seulement pour les logements sociaux, mais aussi pour des habitations privées, des immeubles à appartements, des bureaux, des entreprises et des bâtiments publics de villes et communes. Des solutions sont à l’étude pour exploiter la surproduction d’électricité que génèrent les bâtiments rénovés pendant les périodes ensoleillées.

«Nous voulons installer un réseau intelligent qui optimise la consommation d’énergie via un stockage dans des batteries installées dans les habitations et au niveau du quartier. Concrètement, si une habitation produit trop d’énergie, un autre bâtiment pourra potentiellement l’utiliser. Ou encore, l’énergie pourra être stockée afin d’être consommée pendant les périodes creuses. Cette méthode est déjà testée aux Pays-Bas, en Pologne et en Espagne», explique Joost Declerck.

En Belgique aussi? Belfius étudie les possibilités

Belfius étudie la possibilité de mettre en oeuvre ce modèle de rénovation en Belgique et la manière dont il peut être financé. «Le concept Stroomversnelling (Accélération) prévoit que les sociétés de logements sociaux affectent une partie du loyer à la rénovation des habitations. Nous voyons comment il pourrait fonctionner en Belgique. Car réduire les frais d’exécution par unité nécessite des projets de rénovation à grande échelle», explique Joost Declerck.

Belfius développe actuellement des modèles financiers à cette fin, par exemple par un régime de tiers-investisseurs: l’entrepreneur paie l’investissement en échange de remboursements mensuels par le propriétaire. Celui-ci pourra alors financer les travaux avec les économies réalisées sur sa facture énergétique. Le potentiel est énorme, estime Joost Declerck. «Rien que dans les écoles, bâtiments publics, logements sociaux, centres sportifs et maisons de repos, les besoins d’investissements destinés à économiser l’énergie sont considérables en Belgique.»