Une transmission intelligente de données permet de rendre le trafic plus efficace, plus sûr et plus économique

Jean-Pierre Deknop
business development manager Intelligent Traffic Systems chez Siemens

Siemens apprend aux routes à parler

En Suède, Siemens s’est allié au gouvernement pour réduire l’empreinte écologique du secteur des transports. Plus près de chez nous, l’entreprise technologique apprend aux feux de circulation, aux autoroutes et aux voitures à «communiquer». Coup d’oeil sur la mobilité de demain.

L’eHighway ou «route électrique» pour camions est un projet pilote qui trouve son origine dans l’ambition de la Suède d’être entièrement indépendante en matière de carburants fossiles à l’horizon 2030. L’État suédois, Siemens et Scania y collaborent pour améliorer les performances énergétiques et l’efficacité environnementale des poids lourds, responsables de plus de 16% des émissions de CO2 en Suède.

«La mobilité électrique est l’une des multiples propositions: lorsque les camions sont situés sur une portion de route eHighway, ils sont automatiquement alimentés en électricité par un système de pantographes intelligents mis en contact avec des caténaires», explique Jean-Pierre Deknop, Business Development Manager Intelligent Traffic Systems chez Siemens.

16%

La proportion du transport de marchandises dans l’ensemble des émissions de CO2 en Suède. Ce pourcentage élevé est la raison pour laquelle le transport de fret est une priorité pour l’État suédois.

Cette solution réduit la consommation d’énergie de moitié et supprime toute émission de CO2 au niveau local. «Ce système reste flexible, car les camions sont hybrides et passent sans peine au diesel, au gaz naturel ou aux batteries.» L’eHighway est notamment efficace sur les voies où les camions peuvent rouler sans être dérangés, par exemple autour des ports ou dans les zonings industriels. Le projet s’étalera sur deux ans.

Mobilité coopérative

Siemens entrevoit de nombreux avantages dans la mobilité coopérative afin d’optimiser les flux de circulation. Dans ce modèle, les voitures communiquent entre elles et avec l’infrastructure routière, comme les feux de circulation et les travaux routiers.

«Nous apprenons à la route à parler», plaisante Jean-Pierre Deknop. «Via leur tableau de bord, les usagers de la route reçoivent des informations actualisées sur les travaux routiers, les incidents et les situations  dangereuses. Grâce aux données en temps réel, le gestionnaire du réseau routier peut intervenir de manière efficace, par exemple en proposant des itinéraires alternatifs.»

Siemens déploie des projets pilotes de-ci de-là. «Aux Pays-Bas, nous luttons – avec des partenaires publics et privés – contre les «embouteillages fantômes» sur l’A58 en transmettant des conseils de vitesse aux automobilistes. La collaboration internationale se met aussi en place. L’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas testent des possibilités de rendre la circulation plus sûre et plus fluide sur le corridor Vienne- Rotterdam, très fréquenté. En Belgique aussi, des discussions sont en cours. Un trafic plus efficace, plus sûr et plus économique semble envisageable à terme.»