Smart Belgium permet de réunir les bonnes idées, les initiatives, et cette énergie est très positive pour nous

Gauthier Saelens
directeur général du GHdC

Un hôpital unique en phase avec les défis de demain

Le Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) est composé de six sites. Les services sont répartis sur ces sites en fonction de leurs spécificités. En 2022, à l’exception de l’hôpital de jour de pédopsychiatrie, toutes ces expertises seront regroupées en un seul hôpital, à Gilly. Un projet révolutionnaire à plus d'un titre.

Les hôpitaux de proximité ont certes leurs avantages, mais leur offre globale de soins est souvent répartie selon les spécificités de chaque site. Trouver un juste équilibre entre la proximité et le service global rendu est l’objectif du nouvel hôpital qui se veut en phase avec les attentes actuelles. Les premiers travaux devraient débuter d’ici fin 2016.

Seul un site pour les patients souffrant de pathologies pédopsychiatriques demeurera à Marcinelle. Dans ce nouvel hôpital, l’accent sera mis sur le confort pour le patient, les visiteurs et le personnel qui travaillera dans un environnement plus adapté à son métier.

Un projet mûrement réfléchi…

«Nous avons réalisé une étude approfondie et comparative entre la construction d’un nouvel hôpital qui regroupe toutes nos activités et le maintien des sites existants, ce qui impliquerait de les entretenir et d’y accomplir les rénovations nécessaires. Nous avons vu que, sur une période de trente ans, le nouveau site est largement plus économe. C’était une évidence», explique Gauthier Saelens, directeur général du GHdC. Les sites actuels vont par ailleurs être reconvertis selon leurs caractéristiques architecturales et urbaines (prise en charge de la personne âgée, enseignement, logements, polyclinique…)

À plus d’un titre, le Masterplan 2022 est un projet d’ampleur, comme l’illustre Gauthier Saelens: «Nous nous apprêtons à faire un investissement de rationalisation. Notre contraction de capacité est un premier élément. Aujourd’hui, et sans contraintes légales, nous allons passer de 1.300 lits à 1.000 lits environ. Nous réduisons volontairement nos capacités de 30% et la superficie de 15%. Cette contraction nécessite de repenser notre organisation (des parcours plus fluides pour les patients, une extension des plages horaires en fin de journée et le week-end, etc.) et de modifier le mode de prise en charge du patient. Il y aura un transfert de ce qui se fait classiquement à l’hôpital vers une prise en charge plus proche du domicile du patient. Un changement qui s’opère doucement avec les premières prises en charge à domicile, pour la chimiothérapie ou l’accompagnement après accouchement, par exemple.»

Autre amélioration, le GHdC a fait le choix d’une architecture en layers, autrement dit en couches. L’hôpital est divisé selon ses fonctions: les services d’hospitalisation de court et de long séjours, le hot floor (blocs opératoires, soins intensifs, service des grands brûlés, etc.), l’usine (la logistique, la pharmacie, la stérilisation…), les consultations et les bureaux. Le tout est connecté par des souterrains ou des passerelles pour faciliter les flux de circulation entre ces bâtiments.

… durable et à la pointe de la technologie

Cette nouvelle manière de travailler va dans le sens de la volonté politique mais aussi de l’évolution des technologies. Dès la conception du nouvel hôpital, Gauthier Saelens et son équipe ont travaillé sur les économies d’énergie.

500 millions d’euros

Le montant investi dans le nouvel hôpital. Quelque 40% de ce financement provient de la BEI.

«L’hôpital est à la fois gros consommateur d’énergie et gros producteur de chaleur par l’ensemble des équipements. La cogénération et la géothermie peuvent apporter des compléments énergétiques importants. Une gestion fine permet d’accomplir un progrès majeur en matière d’économie d’énergie et de gestion durable de l’environnement.»

Belfius joue un rôle moteur dans le consortium

Parmi les partenaires financiers qui soutiennent le projet, la BEI (Banque européenne d’investissement) intervient pour à peu près 40% du financement. «Grâce au soutien de la BEI, nous avons la reconnaissance que notre projet est de qualité sur le plan économique et sociétal.»

«Nous recevons également l’aide d’un consortium de banques dans lequel Belfius joue un rôle moteur et central. L’étude MAHA réalisée par Belfius nous permet de nous situer par rapport à l’ensemble du secteur hospitalier et de présenter un profil économique et financier qui permet aux banquiers de nous faire confiance et de s’investir dans notre projet de Nouvel Hôpital. Le projet Smart Belgium de Belfius est essentiel à plus d’un titre. Aujourd’hui, le secteur des soins de santé connaît des changements inouïs: numérisation, développements des biotechnologies et de l’informatique médicale… Ce sont autant de révolutions auxquelles nous devons faire face. Smart Belgium permet de réunir les bonnes idées, les initiatives, et cette énergie est très positive pour nous», conclut Gauthier Saelens.