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Un langage clair rend les soins de santé plus accessibles

Vivre sainement est jugé difficile par 40% des Belges adultes, souvent parce qu’ils ignorent comment s’y prendre. Le projet «Heerlijk Helder in de Zorg» («Des soins parfaitement clairs») a pour ambition de changer la donne. Première étape: une communication claire et accessible.

Le chef de projet Leen Haesaert et les étudiants de la haute école Thomas More Anvers-Malines ont analysé nos compétences en matière de santé (health literacy). Leur conclusion? Environ 40% des Belges sont incapables de prendre en charge leurs propres soins de manière optimale. Ils participent peu aux initiatives de prévention, souffrent plus fréquemment de maladies chroniques, respectent moins les modalités de consultation des professionnels de la santé, etc. Un problème dont le coût social peut atteindre 4% du budget des soins de santé.

Plusieurs causes expliquent ce chiffre alarmant. «Les soins de santé sont de plus en plus complexes et techniques», déplore Leen Haesaert. «Les personnes trop peu instruites ou ne maîtrisant pas assez la langue ne peuvent pas suivre. Leur autonomie en souffre. D’autres ne disposent pas des compétences sociales nécessaires: elles ignorent à qui s’adresser ou ne posent pas les questions adéquates aux prestataires de soins. La numérisation de notre société joue également un rôle. Tout le monde n’a pas accès aux informations ou n’est pas capable de porter sur elles un regard suffisamment critique.»

Communication accessible

Le projet «Heerlijk Helder in de Zorg» privilégie donc l’utilisation d’un langage clair. Par exemple par le biais d’une boîte à outils destinée à sensibiliser les professionnels des soins à la problématique et à leur offrir des conseils en matière de communication accessible.

Des informations claires sur la santé sont un droit fondamental
Leen Haesaert, chercheuse et formatrice à Thomas More Malines

Ainsi vaut-il mieux dire à un patient: «Dites-nous si vous avez des clous, des vis et des plaques de métal dans le corps», plutôt que: «Avant l’examen, veuillez communiquer à l’infirmière si vous êtes porteur de matériel d’ostéosynthèse». L’exemple est extrême, mais il est possible de commencer avec le message: «Mangez du pain sans sel et n’assaisonnez plus vos pommes de terre ni vos légumes dans l’assiette.» C’est beaucoup plus concret et plus clair que: «Réduisez votre consommation de sel.»

«Ces initiatives profitent aux consommateurs des soins mais aussi aux prestataires en favorisant leur interaction», poursuit Leen Haesaert. «Outre l’avantage social en termes purement financiers, elles permettent de réduire l’usage impropre des soins, de mieux organiser l’accompagnement et d’assurer davantage de prévention. L’utilisation d’un langage clair dans les soins de santé s’avère en outre indispensable pour préparer l’ensemble du secteur aux défis du futur: davantage de soins à domicile et résidentiels, vieillissement et multiculturalisme, etc.»

Interaction porteuse d’innovation

L’aspect smart de ce projet réside également dans le concept de cocréation, puisque les étudiants de trois orientations différentes (infirmier, assistant de direction médicale et design multimédia) y ont collaboré. «Nous innovons en réunissant des expertises complémentaires, linguistes, prestataires de soins, designers et développeurs d’applications, et en recherchant des pollinisations croisées», illustre Leen Haesaert.

Le projet ne s’arrête toutefois pas là. «Nous rêvons d’exploiter les atouts du storytelling numérique, de la vidéo à 360° et de la réalité virtuelle dans une plate-forme d’apprentissage très numérisée ou dans un kit de vécu numérique consacré aux compétences des professionnels des soins. Ce serait magnifique.»