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Une primeur mondiale en Campine

Plastigi a imaginé une manière intelligente de réaliser des produits en plastique. Avec le spécialiste de la robotique AMS, l’entreprise campinoise a créé le Robomould. Une primeur mondiale aux résultats spectaculaires: baisse de consommation d’énergie de 20%, réduction des émissions de CO2 de 78% et confort accru des travailleurs.

Le rotomoulage est la technique la plus utilisée pour produire de grandes capacités de contenance en plastique, comme des conteneurs pour déchets, des cuves de stockage et des fûts. Le procédé traditionnel consiste à couler une poudre plastique dans un moule qui est ensuite introduit dans un four à haute température.

«Cette machine engloutit environ 1.100 litres de mazout par jour», chiffre Filip Claus, directeur chez Plastigi. «Quelque 95% de cette énergie est perdue. Agir ainsi n’est plus responsable. En outre, le rotomoulage est particulièrement lourd pour nos travailleurs, car il implique beaucoup de travail de levage.»

Notre consommation d’énergie a baissé d’un coup de 10 à 15%
Patricia De Wachter, Financial Manager de Plastigi

Le directeur Filip Claus et l’entreprise de robotique AMS (Bilzen) ont confronté leur réflexion pour imaginer une solution révolutionnaire. Elle a pour nom Robomould. Le principe: le chauffage et le refroidissement de la poudre plastique s’effectue dans le moule même, non dans le four. Un robot ouvre et ferme la matrice et en extrait le produit final.

Plastigi inscrit ainsi une primeur mondiale à son tableau de chasse. «D’un coup, notre consommation d’énergie a baissé de 10 à 15%», se réjouit Patricia De Wachter, Financial Manager chez Plastigi. «Si l’on traduit cela en émissions de CO2, cela correspond à une réduction de 78%.»

Avec le Robomould, le processus de production est beaucoup plus rapide et plus efficace. «Pour nos travailleurs plus âgés, cela change tout», poursuit Patricia De Wachter. «Leur savoir-faire est indispensable, mais le travail devenait de plus en plus exigeant physiquement pour un grand nombre d’entre eux. Il est aujourd’hui nettement moins contraignant.»

Brevet mondial

Patricia De Wachter réfute avec force l’idée que le robot nuit à l’emploi. «Les gains d’efficacité se traduisent directement en création d’emplois. Nous pouvons à présent rapatrier en Belgique des productions qui avaient été délocalisées dans les pays à bas salaires, parce que le processus a perdu en intensité de main-d’œuvre. Et puis, il est possible d’en étendre encore le champ d’application, notamment à de nouvelles matières premières plus respectueuses de l’environnement. Le potentiel de croissance n’est pas à sous-estimer.»

Le gratin des industries chimique et automobile s’intéresse aujourd’hui au Robomould. Quoi qu’il en soit, Plastigi et AMS ont déposé un brevet mondial sur la technologie.

Ce succès est le fruit du travail de nombreuses personnes, et Patricia De Wachter en a parfaitement conscience. Elle tire notamment un grand coup de chapeau au personnel de l’Agence pour l’innovation et l’entreprise et à celui du Centre pour l’innovation d’Anvers. «Ils nous ont soutenus tout au long du processus en nous fournissant des conseils très pertinents. Si le rotomoulage a fait un bond de 25 ans grâce au Robomould, une part du mérite leur en revient.»